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Cookies, pixels... Comment nous sommes tracĂ©s sur Internet (đŸ€” Tout comprendre)

Cookies, pixels invisibles, liens personnalisĂ©s ou fingerprinting : notre navigation laisse derriĂšre elle une multitude de traces. Cet Ă©pisode explique comment fonctionnent ces outils, Ă  quoi ils servent et jusqu’oĂč ils peuvent renseigner les sites, annonceurs et Ă©diteurs sur nos usages.

* Avec le soutien de Frogans, pionnier de l'informatique spatialisée : https://www.f2r2.fr

Cookies : utiles, mais parfois intrusifs

Un cookie est un petit fichier texte enregistrĂ© par un site dans le navigateur. Certains sont indispensables : ils permettent de rester connectĂ© Ă  un service, de conserver un panier d’achat ou de mĂ©moriser une langue et des prĂ©fĂ©rences.

Les choses se compliquent avec les cookies tiers, dĂ©posĂ©s par des acteurs extĂ©rieurs au site consultĂ©, notamment Ă  des fins publicitaires. Ils peuvent servir au retargeting, cette technique qui fait rĂ©apparaĂźtre sur d’autres sites des publicitĂ©s correspondant Ă  des produits prĂ©cĂ©demment consultĂ©s.

En Europe, les cookies non essentiels sont encadrĂ©s et le consentement de l’utilisateur est requis dans de nombreux cas. La CNIL dĂ©finit les rĂšgles applicables Ă  ces traceurs. Certaines banniĂšres utilisent cependant des « dark patterns », des choix graphiques conçus pour inciter davantage Ă  accepter qu’à refuser.

Pixels invisibles : quand les e-mails nous observent

Plus discrets encore, les pixels de suivi sont de minuscules images intĂ©grĂ©es dans des pages Web ou des courriels. Lorsqu’elles sont chargĂ©es, elles peuvent signaler qu’un message a Ă©tĂ© ouvert et fournir diverses informations sur la consultation.

Cette technique est notamment utilisĂ©e dans les newsletters pour mesurer le taux d’ouverture et mieux comprendre le comportement des lecteurs. Mais elle soulĂšve des questions de vie privĂ©e, car le destinataire n’a pas toujours conscience d’ĂȘtre suivi.

En 2026, la CNIL a précisé les rÚgles applicables aux pixels de suivi dans les courriers électroniques. Le sujet avait également été évoqué dans le Débrief Transat de Monde Numérique du 17 juillet 2026.

Des services comme Gmail ou Mail d’Apple proposent par ailleurs des mĂ©canismes destinĂ©s Ă  limiter certaines formes de suivi liĂ©es au chargement des images.

Fingerprinting et liens personnalisés

Le pistage ne repose pas uniquement sur les cookies. Les paramĂštres ajoutĂ©s Ă  certaines adresses Web peuvent permettre de savoir d’oĂč vient un clic ou comment un contenu a Ă©tĂ© partagĂ©.

Autre mĂ©thode : le fingerprinting, ou empreinte numĂ©rique du navigateur. Taille de l’écran, langue, fuseau horaire, systĂšme d’exploitation ou navigateur peuvent ĂȘtre combinĂ©s afin de tenter de reconnaĂźtre un appareil sans avoir besoin d’y dĂ©poser un cookie.

Sur mobile, les systĂšmes d’exploitation utilisent Ă©galement des identifiants publicitaires, dont l’accĂšs est dĂ©sormais soumis Ă  diffĂ©rents rĂ©glages et autorisations.

Comment limiter le suivi ?

Refuser les cookies non indispensables, bloquer les cookies tiers dans son navigateur, utiliser certaines extensions ou

Narrateur: [0:04] Vous ĂȘtes en train de consulter la mĂ©tĂ©o sur votre appli prĂ©fĂ©rĂ© ou bien en train de regarder des paires de chaussures sur un site marchand ou encore de

Narrateur: [0:12] lire un message de courrier électronique. Vous ne le savez pas, mais ils sont là, toujours là, invisibles. Des petits dispositifs qui enregistrent votre passage, mesurent vos actions et récupÚrent toutes sortes de données. Cookies, pixels invisibles, marqueurs et mouchards divers et variés. Ils sont omniprésents, mais pas toujours apparents. Parfois pour notre bien, parfois pour des raisons beaucoup moins avouables. Que savons-nous exactement de ces traceurs numériques ? Comment fonctionnent-ils ? A quoi servent-ils ? Et que savent-ils réellement à propos de nous ? C'est ce que nous allons voir dans ce nouvel épisode de Tout Comprendre, la série spéciale de Monde Numérique qui décrypte les technologies du quotidien.

Narrateur: [1:01] Cet Ă©pisode de Monde NumĂ©rique vous est proposĂ© en partenariat avec Froganz, le pionnier de l'informatique spatialisĂ©e. Comme les inventions dont je vous parle dans cette sĂ©rie, Froganz ouvre une nouvelle voie. C'est une maniĂšre innovante de diffuser du contenu sur Internet Ă  travers des sites d'un nouveau genre, plus visuel et plus libre, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Froganz sont optimisĂ©s pour tous les Ă©crans, y compris les casques de rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, grĂące Ă  une technologie ouverte, respectueuse de la vie privĂ©e. C'est un vĂ©ritable outil de crĂ©ation propulsĂ© par un nouveau langage basĂ© sur le XML, accessible en bĂȘta Ă  tous les dĂ©veloppeurs professionnels. Froganz est un projet français tournĂ© vers l'internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. F2r2.fr Et merci Ă  Froganz de soutenir Monde NumĂ©rique.

Narrateur: [2:00] Le plus connu de ces dispositifs de suivi, c'est le fameux cookie. Bon, comprendre les cookies, ce n'est pas du gĂąteau, si on peut dire. Je voulais l'Ă©viter celle-lĂ , mais difficile de passer Ă  cĂŽtĂ©. Un cookie, c'est quoi ? C'est juste un petit fichier texte dĂ©posĂ© par un site web que vous consultez dans la mĂ©moire de votre navigateur. Par exemple, vous allez sur le site mondenumĂ©rique.info et lĂ , hop, discrĂštement, le site vous envoie des petits cookies qu'il stocke dans un coin de votre ordinateur. Alors rassurez-vous, si je vous le dis comme ça ouvertement, c'est parce que vraiment, ce n'est pas mĂ©chant. Ça sert par exemple Ă  savoir quelle page vous visitez, combien de temps vous y restez, si vous ĂȘtes connectĂ© ou simple visiteur, etc.

Narrateur: [2:44] En aucun cas, votre identitĂ© n'est rĂ©cupĂ©rĂ©e. C'est complĂštement anonyme. En fait, c'est surtout trĂšs utile pour les sites marchands. Ça permet de savoir si vous ĂȘtes dĂ©jĂ  venu. Ça permet dans certains cas aussi de vous reconnecter directement Ă  l'espace client, car sans cookie, le site pourrait vous considĂ©rer comme un nouveau visiteur Ă  chaque page, ce qui serait particuliĂšrement Ă©nervant. Au passage, vous perdriez le contenu de votre panier ou votre langue prĂ©fĂ©rĂ©e si c'est un site multinational.

Narrateur: [3:13] Bref, il ne faut pas diaboliser les cookies, car certains sont vraiment indispensables au fonctionnement d'un service en ligne et ils facilitent l'expérience utilisateur. Surtout ce qu'on appelle les cookies internes ou first party cookies. Ce sont les cookies qui sont déposés par le site que vous consultez directement.

Narrateur: [3:34] Mais il existe une autre catĂ©gorie de cookies, les cookies tiers ou third-party cookies. Eux, ils sont dĂ©posĂ©s par des entreprises extĂ©rieures au site visitĂ©. La plupart du temps, des agences, des rĂ©gies publicitaires, Google ou autre. À quoi servent-ils ? Eh bien, Ă  plein de choses. Et notamment en matiĂšre de marketing, l'utilisation la plus connue, c'est celle du reciblage publicitaire, le retargeting. Vous savez, vous ĂȘtes sur une boutique en ligne, vous regardez par exemple des canapĂ©s et quelques minutes plus tard, lorsque vous vous rendez sur d'autres sites web, et bien lĂ , paf, comme par magie, vous voyez apparaĂźtre des publicitĂ©s pour des canapĂ©s. Alors on aime ou on n'aime pas, en tout cas le mĂ©canisme est le suivant. En fait, la boutique d'origine a intĂ©grĂ© dans ses pages un outil fourni par une rĂ©gie publicitaire. C'est cet outil qui dĂ©tecte qu'un navigateur avec un certain numĂ©ro d'identification s'est intĂ©ressĂ© au canapĂ©. Lorsque ce mĂȘme visiteur va sur un autre site utilisant la mĂȘme rĂ©gie.

Narrateur: [4:37] La connexion va se faire et c'est lĂ  qu'on va lui prĂ©senter des publicitĂ©s correspondantes. L'annonceur, la marque de canapĂ© par exemple, ne connaĂźt pas votre nom en principe, sauf si vous Ă©tiez sur un site oĂč vous Ă©tiez identifiĂ© nommĂ©ment, mais il dispose quand mĂȘme d'un profil associĂ© Ă  votre identifiant. Il se dit, tiens, cette personne s'intĂ©resse au canapĂ© en ce moment. Et puis aussi, j'ai remarquĂ© qu'elle s'intĂ©ressait au voyage. Eh bien, ça va permettre peut-ĂȘtre d'adresser des publicitĂ©s plus ciblĂ©es. Le problĂšme qui peut se poser, c'est quand le profilage va trop loin, lorsque ça devient un moyen de surveillance commerciale, lorsque l'annonceur ou la rĂ©gie publicitaire vous reconnaĂźt de site en site au point de pouvoir dresser un vĂ©ritable portrait robot de votre pratique de consommateur. Et le gros problĂšme, c'est si, pour une raison ou pour une autre, votre portrait n'est plus anonyme, mais que, au passage, des organisations parviennent Ă  faire la corrĂ©lation avec votre identitĂ©. En principe, il y a pas mal de protections contre cela, mais on n'est jamais Ă  l'abri de ce genre d'effet collatĂ©ral.

Narrateur: [5:47] Alors il faut distinguer ce qu'on appelle les cookies essentiels et les cookies non essentiels. Les premiers sont, comme leur nom l'indique, indispensables au fonctionnement d'un site. Ils permettent par exemple de rester connectés, de conserver le contenu d'un panier, de sécuriser une session également. Les cookies non essentiels, eux, servent surtout à mesurer l'audience, à personnaliser les contenus ou à suivre les utilisateurs à des fins publicitaires.

Narrateur: [6:16] Les cookies non essentiels nĂ©cessitent votre consentement, en tout cas en Europe. Ils ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©posĂ©s sur votre navigateur sans que vous n'ayez donnĂ© votre accord. C'est l'explication de ces insupportables banniĂšres qui s'affichent systĂ©matiquement quand on se connecte pour la premiĂšre fois sur un site web et qui obligent Ă  dire si on accepte ou pas le principe des cookies. Il faut le faire pour chaque site visitĂ©. Alors, en thĂ©orie, on peut rĂ©pondre par oui ou non, ou bien aller un peu plus dans le dĂ©tail et rĂ©gler les paramĂštres pour dire quelles cookies on accepte et lesquelles on n'accepte pas. Dans la pratique, on n'a pas tellement envie de s'embĂȘter avec ça et on a tendance Ă  cliquer un peu rapidement sur le premier bouton qui nous tombe sous la main.

Narrateur: [7:03] En principe, le bouton de refus doit ĂȘtre aussi accessible que celui d'acceptation. Mais malheureusement, dans la pratique, Parfois, les interfaces sont conçues de maniĂšre Ă  pousser l'utilisateur vers le bouton qui permet d'accepter tous les cookies. Il est plus gros, il est plus visible, il est plus colorĂ©. Tandis que le bouton de refus, lui, est bien cachĂ©, comme par hasard. On appelle ça les dark patterns, les modĂšles cachĂ©s, des astuces de design faites spĂ©cialement pour orienter la dĂ©cision. C'est une pratique assez courante, pas trĂšs glorieuse, il faut bien l'avouer, mais que l'on rencontre trĂšs souvent sur Internet.

Narrateur: [7:51] Alors, si toutefois ces pratiques vous hĂ©rissent le poil, il est possible de limiter un peu le suivi via les cookies. Le moyen le plus simple, c'est donc de refuser ceux qui ne sont pas indispensables lorsque c'est possible, lorsque le choix est proposĂ©. Et pour Ă©viter d'avoir Ă  le faire manuellement Ă  chaque fois, il existe mĂȘme des extensions de navigateurs qui le font Ă  votre place. Vous installez l'extension, et ensuite, vous ne voyez mĂȘme plus apparaĂźtre ces fichues banniĂšres qui perturbent quand mĂȘme pas mal la navigation. Et il est mĂȘme possible de bloquer les cookies, en tout cas les cookies tiers, au niveau des rĂ©glages de votre navigateur. En revanche, pour ce qui est des cookies essentiels, sachez que si vous voulez les bloquer aussi, vous ne bĂ©nĂ©ficierez plus de certains avantages, comme la connexion automatique dont on parlait tout Ă  l'heure et tous les paramĂštres qui facilitent la navigation. Enfin, vous pouvez aussi de temps en temps supprimer tous les cookies de votre navigateur, purger la mĂ©moire tout simplement. Ça se passe au niveau des rĂ©glages, c'est un petit peu de l'hygiĂšne numĂ©rique, ça consiste Ă  faire un peu de mĂ©nage, de nettoyer vos traces avant d'en laisser des nouvelles.

Narrateur: [9:07] Il n'y a pas que le cookies dans la vie, il existe un autre petit mouchard qui se glisse discrĂštement dans notre vie numĂ©rique. C'est le pixel de suivi. On appelle ça Ă©galement pixel invisible ou pixel espion. Alors pourquoi pixel ? Parce qu'en fait, c'est une image minuscule, elle ne mesure souvent qu'un pixel sur un pixel, d'autant dire que c'est complĂštement invisible Ă  l'Ɠil nu, mais c'est cachĂ© dans les pages web ou dans certains emails que vous recevez. Et l'astuce, c'est que comme les images ne sont pas rĂ©ellement contenues dans les pages, mais en fait, elles sont appelĂ©es par des adresses, alors qu'elles sont hĂ©bergĂ©es sur des serveurs distants, c'est une pratique trĂšs courante dans les sites internet, qui sont en fait des assemblages de nombreux composants, et bien lĂ .

Narrateur: [9:55] Cette image va arriver lorsque vous ouvrez par exemple un email, encore une fois, vous ne vous en rendez pas compte mais il y a bien un message qui va partir, une requĂȘte pour appeler cette image Ă  travers une adresse internet, une URL de fichier, et c'est lĂ  que va se faire le dĂ©clic c'est lĂ  toute l'astuce, c'est Ă  ce moment lĂ  que ça va indiquer Ă  l'expĂ©diteur ou Ă  l'Ă©diteur du site que vous consultez, qu'une page a Ă©tĂ© ouverte. Alors Ă  quoi ça sert ? Le pixel invisible est trĂšs utilisĂ©, notamment dans les newsletters, les lettres d'informations et tout ce qui est campagne commerciale qu'on reçoit par e-mail. Ça permet Ă  l'expĂ©diteur de calculer ce qu'on appelle le taux d'ouverture. Par exemple, sur 10 000 courriels envoyĂ©s, combien ont Ă©tĂ© ouverts ? L'information peut vous paraĂźtre anodine et pour un Ă©diteur de newsletter, c'est quand mĂȘme important. Ça permet de comprendre ce qui marche le mieux, de dĂ©terminer le meilleur horaire d'envoi ou de repĂ©rer mĂȘme les abonnĂ©s qui n'ouvrent plus les messages.

Narrateur: [10:56] Mais le suivi peut aller beaucoup plus loin. L'image peut aussi renvoyer parfois des informations au serveur comme l'heure d'ouverture, le nombre de consultations, le type d'appareil utilisĂ©, etc. Un expĂ©diteur peut ainsi savoir qu'un destinataire a ouvert un courriel le matin sur son tĂ©lĂ©phone, puis l'a consultĂ© Ă  nouveau le soir sur son ordinateur, et ainsi de suite, ce qui lui permet de classer ses abonnĂ©s, entre les trĂšs actifs, les occasionnels, ceux qui sont intĂ©ressĂ©s, mais pas fous furieux du sujet, etc. Malheureusement, c'est lĂ  oĂč cette technique pose un peu problĂšme, c'est que le destinataire ignore qu'il se passe tout ça, il ne sait rien de ce fameux pixel invisible. Et certaines pratiques que l'on peut comprendre et tolĂ©rer pour les sites web, on les digĂšre peut-ĂȘtre un peu mal en ce qui concerne des messages reçus par e-mail, parce que la messagerie Ă©lectronique, c'est considĂ©rĂ© comme un espace un peu plus personnel.

Narrateur: [11:54] Alors c'est la raison pour laquelle la CNIL, en France, la Commission nationale informatique et libertĂ©, impose dĂ©sormais aux Ă©diteurs de newsletters de recueillir le consentement prĂ©alable des utilisateurs. Les expĂ©diteurs de newsletters avaient mĂȘme jusqu'au 14 juillet 2026 pour se mettre en conformitĂ© Et c'est pour cela qu'on a assistĂ©, au milieu de l'Ă©tĂ©, juste avant cette date fatidique du 14 juillet, Ă  un dĂ©luge de courriels informant les destinataires Ă  propos de ce fameux pixel. Vous avez peut-ĂȘtre reçu un ou plusieurs de ces messages Ă©manant d'entreprises, de mĂ©dias, d'associations, de services en ligne, etc. Tout d'un coup, parce que c'Ă©tait la derniĂšre limite pour le faire, tous ces gens-lĂ  se sont dit qu'il fallait quand mĂȘme prĂ©venir leurs abonnĂ©s. Et ils vous ont envoyĂ© un mail pour vous expliquer le principe du pixel invisible qui par dĂ©faut est activĂ©, mais si vous le souhaitez, vous pouvez le refuser.

Narrateur: [12:53] Il existe aussi, en quelque sorte, des protections techniques contre ce type de suivi en ligne. La plupart des logiciels de messagerie comme Outlook ou Gmail ont mis en place depuis longtemps des protections contre, d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, tous les piĂšges qui pourraient se cacher dans des images, et donc, par voie de consĂ©quence, notamment les pixels invisibles des newsletters. C'est pour ça que votre messagerie vous demande si vous ĂȘtes sĂ»r de vouloir tĂ©lĂ©charger les images dans tel ou tel message que vous avez reçu. Il y a aussi d'autres sĂ©curitĂ©s. Par exemple, Gmail fait transiter les images par ses propres serveurs. Ça permet de mieux les analyser et de limiter les abus. Apple propose aussi une fonction de protection Ă  l'intĂ©rieur du logiciel Mail qui masque notamment l'adresse IP et qui prĂ©charge les contenus distants. Bon, ça prouve en tout cas qu'en rĂ©alitĂ©, le marchĂ©, c'est-Ă -dire tous ces grands acteurs, avaient un peu pris les devants sur la rĂ©glementation. Mais au moins maintenant, la rĂ©glementation est en place. A noter qu'un pixel peut ĂȘtre utilisĂ© sans consentement lorsqu'il est strictement nĂ©cessaire, par exemple pour sĂ©curiser une authentification.

Narrateur: [14:02] Toujours au rayon des charmants mouchards qui nous suivent pas Ă  pas et jour aprĂšs jour dans notre vie numĂ©rique, citons Ă©galement un autre dispositif que l'on appelle les liens complexes. Alors qu'est-ce que c'est que ça ? Eh bien par exemple, lorsque vous voulez partager une vidĂ©o ou un article, vous allez cliquer sur un bouton partager, et regardez bien la fin de l'URL, c'est-Ă -dire l'adresse qui est envoyĂ©e Ă  votre contact, Ă  votre ami qui vous voulez faire voir cette vidĂ©o ou autre. Vous constaterez qu'il y a souvent un identifiant, parfois trĂšs compliquĂ©, ou un mot-clĂ©. Quelquefois, ça apparaĂźt aprĂšs un point d'interrogation, c'est-Ă -dire que le dĂ©but de l'adresse correspond exactement au contenu que vous voulez partager. Et la suite, c'est pour dire que le partage s'est passĂ© Ă  ce moment-lĂ , en utilisant tel logiciel, en Ă©tant sur telle plateforme, si c'est un contenu qu'on peut retrouver sur plusieurs plateformes, etc. Et si une personne clique rĂ©guliĂšrement sur des articles, par exemple consacrĂ©s au smartphone, elle pourrait ĂȘtre classĂ©e dans une catĂ©gorie de gens qui aiment les smartphones. Et encore une fois, ça permettrait par la suite de lui envoyer de la publicitĂ© ciblĂ©e. Bref, un simple clic sur un lien personnalisĂ© peut rĂ©vĂ©ler votre comportement. Encore une fois, il ne faut pas diaboliser ces pratiques. Tant que ça reste dans.

Narrateur: [15:20] Un cadre lĂ©gitime, ça peut ĂȘtre utile pour amĂ©liorer l'expĂ©rience de l'utilisateur.

Narrateur: [15:33] Et puis, il existe aussi des techniques encore plus discrĂštes que les cookies et les pixels et les liens complexes. C'est ce qu'on appelle l'empreinte numĂ©rique du navigateur ou fingerprinting. Par exemple, un site peut observer certaines caractĂ©ristiques techniques de votre Ă©quipement et de votre configuration, taille de l'Ă©cran, langue utilisĂ©e, fuseau horaire, systĂšme d'exploitation, navigateur, etc. SĂ©parĂ©ment, toutes ces informations sont sans grand intĂ©rĂȘt. Mais si on les combine, on peut former une empreinte relativement intĂ©ressante et le site pourra ensuite tenter de reconnaĂźtre un appareil sans avoir besoin alors d'utiliser la technique des cookies. C'est une autre mĂ©thode qui est plus difficile Ă  dĂ©tecter et Ă  effacer aussi, puisque ce n'est pas vĂ©ritablement physique sur votre ordinateur et dans votre navigateur. A noter aussi que les applications mobiles disposent Ă©galement d'identifiants publicitaires fournis par les systĂšmes d'exploitation. Ces identifiants permettent Ă  plusieurs applications et annonceurs de mesurer ou de personnaliser la publicitĂ© sous rĂ©serve des rĂ©glages et des autorisations qui sont imposĂ©es par les acteurs Apple ou Google.

Narrateur: [16:47] En rĂ©sumĂ©, on le comprend, il existe aujourd'hui une incroyable batterie d'outils permettant de suivre plus ou moins Ă  la trace les utilisateurs sur Internet. Ça atteint mĂȘme dans certains cas des niveaux de complexitĂ© qu'on ne pourra pas aborder au sein d'un simple Ă©pisode comme celui-ci. Mais il ne faut pas nĂ©cessairement considĂ©rer cela comme des pratiques malveillantes. Parce que connaĂźtre l'audience d'un site, comprendre les sujets qui intĂ©ressent les lecteurs, ou vĂ©rifier qu'un service fonctionne correctement, eh bien, ça peut ĂȘtre utile. L'Ă©diteur de contenu, s'il veut amĂ©liorer ce qu'il offre au public, ne peut pas le faire s'il ne collecte aucune information en retour, s'il ne sait pas ce qui plaĂźt, ce qui ne plaĂźt pas, Ă  quel moment on vient sur son site, etc. Le problĂšme, encore une fois, c'est quand ça dĂ©rape et quand cette collecte devient excessive, trop invisible ou dĂ©tournĂ©e de son objectif initial. C'est lĂ  oĂč, en principe, les pouvoirs publics et les organismes compĂ©tents veillent au grain. En fait, le vĂ©ritable enjeu, ce n'est donc pas seulement de supprimer tous les cookies ou tous les pixels, c'est de savoir qui observe, quelles informations sont recueillies, pendant combien de temps et dans quel but, afin que notre vie numĂ©rique ne devienne pas un cauchemar Ă  la Big Brother.

Narrateur: [18:10] Merci d'avoir écouté cet épisode de Tout Comprendre. Et là, c'est vrai qu'il fallait un peu s'accrocher. Vous pouvez retrouver d'autres épisodes de cette série sur le site mondenumérique.info et bien sûr sur toutes les plateformes de podcast. A trÚs vite.

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